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Quand la Turquie réinvente la pâtisserie française

  • Photo du rédacteur: Admin LCF
    Admin LCF
  • il y a 3 jours
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour


À Istanbul, Ankara, Izmir ou Konya, les vitrines changent. Éclairs au chocolat brillant, tartes au citron revisitées, entremets modernes, croissants feuilletés au beurre, macarons aux couleurs délicates : depuis plusieurs années, la pâtisserie française connaît en Turquie un succès aussi spectaculaire que discret.


Longtemps associée aux grands hôtels internationaux ou à quelques adresses confidentielles d’Istanbul, elle s’est progressivement installée dans le paysage urbain turc.

Et surtout, elle a cessé d’être perçue comme une simple importation étrangère. Elle est devenue un véritable langage culinaire, réinterprété par toute une génération de jeunes chefs, d’entrepreneurs et de créateurs.


Car ce qui frappe aujourd’hui, ce n’est pas seulement la présence du savoir-faire français en Turquie. C’est la manière dont celui-ci est approprié, adapté et parfois même réinventé.

Cette évolution doit aussi beaucoup au travail de transmission mené depuis des années par des professionnels français installés en Turquie.


Parmi eux, Paul Metay joue un rôle important. Installé en Turquie depuis de nombreuses années après un parcours international, il enseigne aujourd’hui la pâtisserie française au sein d’une université istanbulliote . Son travail contribue à former une nouvelle génération de pâtissiers turcs familiarisés avec les techniques, la rigueur et l’esthétique de la grande tradition française.


Les émissions culinaires télévisées, l’influence des réseaux sociaux, le prestige international de la gastronomie française, mais aussi les parcours de jeunes Franco-Turcs ayant étudié ou grandi en France ont largement contribué à cette évolution.


Dans plusieurs villes d’Anatolie, de nouvelles pâtisseries modernes apparaissent désormais avec une esthétique inspirée des grandes maisons françaises : lignes épurées, desserts individuels sophistiqués, travail du chocolat, importance accordée à la présentation et à l’expérience visuelle.

Nous avons d’ailleurs pu le constater récemment à Konya, où nous recevait Beyza Huri Akdogan dans son établissement.


Originaire de Toulouse par une partie de son parcours de vie, cette jeune Franco-Turque s’est fait connaître du grand public turc à travers une émission culinaire télévisée avant de développer son propre univers pâtissier en Anatolie.


Son parcours illustre cette nouvelle génération partagée entre plusieurs cultures, capable de faire dialoguer héritage français, sensibilité turque et modernité entrepreneuriale.

Cette évolution raconte aussi quelque chose de la Turquie contemporaine.


Car le phénomène dépasse largement les quartiers internationaux d’Istanbul. À Konya, Kayseri ou Gaziantep, une jeunesse entreprenante développe aujourd’hui ses propres projets gastronomiques, mêlant héritage turc et techniques françaises.


Le dessert devient alors un lieu de rencontre entre plusieurs cultures : la précision française, la générosité orientale, le goût turc du partage et de la convivialité.


Derrière le succès des éclairs, des millefeuilles ou des croissants se dessine ainsi une réalité plus profonde : celle d’une société turque ouverte aux influences, curieuse du monde et capable de transformer des références étrangères en créations locales originales.


La pâtisserie française en Turquie n’est donc plus seulement française.Elle est devenue, à sa manière, franco-turque.


Et c’est peut-être là le signe le plus intéressant de tous : lorsqu’une culture n’est plus simplement imitée, mais suffisamment comprise pour être réinventée.

 
 
 

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